Electrochoc écologique

Yann Arthus Bertrand en vol Home, l’événement cinématographique de ce début de siècle, parviendra-t-il à raisonner les habitants de la planète Terre ? Le pari est audacieux : faire voler en éclats le système de diffusion audiovisuel pour toucher un maximum de personnes avec une formule qui a fait ses preuves en d’autres temps : le poids des mots, le choc des photos. Le 5 juin, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, le film (pourtant produit par un des plus virulents opposant au téléchargement pirate, Luc Besson) sera diffusé gratuitement sur tous les écrans disponibles de la planète : télé, ordinateur, cinéma, mobiles, murs d’écoles, toiles en plein air… En y juxtaposant l’extraordinaire fresque de la beauté du monde vu du ciel – un éloignement esthétique qui a l’avantage de gommer l’impact néfaste de l’homme – et la réalité catastrophique des chiffres qui la décrivent, Yann Arthus-Bertrand qui a réalisé ce montage anxiogène en survolant 54 pays du globe, espère provoquer un traumatisme tel qu’il pèse sur les mentalités. Aux maux inévitables, les remèdes improbables : saisie d’infarctus, préviennent les scientifiques, la Terre risque l’arrêt cardiaque si rien ne change dans l’attitude humaine d’ici 10 ans. Home veut être l’électrochoc du moment, la transcription moderne d’un activisme écologique. Le candidat malheureux aux élections américaines avait obtenu un Nobel pour son engagement en faveur de la planète. En retournant le progrès des communications contre celui des technologies, le photographe du ciel espère faire mieux : réconcilier l’espèce humaine avec plus de sérénité. Un nouveau symbole fait son apparition : le Yann et le Yang

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